Interview : "Après les élections, une des premières questions sera de nouer le dialogue avec le Hezbollah… " a déclaré Amine Gemayel à Reuters
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 Edmund Blair

BEYROUTH, 30 mars (Reuters) - L'ex-président libanais Amine Gemayel estime que la question du désarmement du Hezbollah, seule milice libanaise encore armée, devra venir sur le tapis dès après les élections prévues au Liban en mai.

Le désarmement du mouvement chiite pro-syrien, réclamé par les Nations unies et les Etats-Unis, est une question délicate au sein même de l'opposition anti-syrienne qui ne souhaite pas de confrontation avec un mouvement qui a rassemblé, comme elle, un quart de la population libanaise dans les rues de Beyrouth ce mois-ci.

"Après les élections, une des premières questions sera de nouer le dialogue avec le Hezbollah en vue du déploiement de l'armée libanaise dans le Sud. Il devra être désarmé lorsque l'armée assumera ses responsabilités", a déclaré Gemayel à Reuters.

Formée de maronites, de Druzes et de sunnites l'opposition libanaise espère remporter les élections législatives de mai et mettre fin à la mainmise syrienne sur le parlement libanais. Mais si l'opposition est unie pour obtenir le départ des forces syriennes avant l'élection - Damas s'y est résolu -, elle est moins unanime sur la question du Hezbollah.

Ainsi le leader druze Walid Joumblat, ancien allié de la Syrie et aujourd'hui la personnalité d'opposition la plus en vue, estime que le mouvement chiite, crédité d'avoir contraint Israël à quitter le Sud Liban, doit pouvoir conserver ses armes jusqu'à la libération totale du sol libanais.

'Israël occupe encore les fermes de Chébaa, une enclave située aux confins de la Syrie et du Liban. Il s'agit d'un territoire libanais, mais capturé en 1967 aux forces syriennes par Israël et relevant, aux yeux de l'Etat juif comme de l'Onu, d'un règlement de paix entre Damas et Jérusalem.

Pour Gemayel l'armée libanaise doit se déployer dans cette zone indépendamment du problème territorial, mettant ainsi fin au seul front encore actif entre Israël et le Liban. Pour sa part, le Hezbollah a juré de conserver ses armes "tant qu'Israël continue à menacer le Liban".

La résolution 1559, adoptée en septembre dernier par le Conseil de sécurité de l'Onu à l'instigation des Etats-Unis et de la France, réclame le départ des troupes syriennes et le désarmement du Hezbollah.

Wednesday, 30 March 2005 14:40:56RTRS [nL30638424]